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Faut-il vraiment retraduire Borges ?

Jorge Luis Borges fait partie de mes auteurs fétiches. Est-ce parce qu’il était bibliothécaire comme moi et que sa nouvelle la plus célèbre est La Bibliothèque de Babel, sous le patronage de laquelle j’ai placé ce carnet ? En partie sans doute, mais ce qui me plaît surtout, c’est cet art inimitable de la nouvelle, ou pour mieux dire du conte, puisque c’est du mot cuentos qu’il désigne ses perles littéraires.

Comme par ailleurs je m’intéresse à la traduction et aux traducteurs, je me devais de lire le long article de Federico Calle Jorda, Il faut retraduire Borges, paru dans le n° 92 d’En attendant Nadeau en décembre 2019. Si personnellement, je suis bien incapable de juger de la valeur des traductions de Roger Caillois ou de Françoise Rosset, mes connaissances en espagnol étant nulles, même si je peux comprendre qu’elles ne sont pas sans défaut, cela ne change rien au fait très simple que tout lecteur non-hispanisant restera toujours tributaire des traducteurs et que ceux-ci étant faillibles comme tout être humain, une nouvelle traduction ne saurait non plus être sans défauts. Mais il me semble que j’énonce là un truisme.

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Les traducteurs

J’ai visionné dernièrement un DVD d’un film réalisé par Régis Roinsard sorti en 1919, Les_Traducteurs. Je ne peux vous dévoiler entièrement le synopsis. Ce serait divulgâcher !

Sachez simplement que Lambert Wilson y incarne un éditeur quelque peu psychopathe, Éric Angstrom, qui parque dans un bunker souterrain les neuf traducteurs sélectionnés pour travailler sur la traduction dans leurs langues respectives (anglais, allemand, russe, portugais, danois, mandarin, espagnol, grec et italien) du texte français du troisième tome de Dedalus du mystérieux auteur Oscar Brach. Tout doit se dérouler dans le plus grand secret, sans le moindre contact avec l’extérieur. Lorsque un mystérieux hacker commence à diffuser les pages du livre sur internet en réclamant une énorme rançon, cela tourne au huis-clos sanglant. Mais l’intrigue est loin d’être linéaire et ses nombreux allez-retours entre présen

t et passé, éclaire les secrets de plusieurs protagonistes, jusqu’au dénouement final qui révèle les véritables intentions du hacker, et l’identité d’Oscar Brach. Suspens haletant ! Aussi surprenant que celui d’Usual Suspects de Bryan Singer en 1997.

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