C’est avec l’album-playlist ci-dessus, trouvé sur Youtube que j’ai découvert Éliane Pronost (1933-2007)(1). Surnommée « la chanteuse à la voix pure », cette chanteuse originaire du Léon, était une chanteuse populaire de la fin des années 1950 au début du XXIe siècle qui interprétait des hymnes, des chansons folkloriques et des chansons nouvelles ou traduites des langues irlandaises et galloises. De 1973 à 2005, elle a chanté durant avec le Quatuor du Léon, dirigé par le père Roger Abjean (1925-2009).
Réalisé en 1975, La mémoire du sabot, de Claude Fléouter et Patrick Camus raconte la vie des paysans Bretons dans le Finistère, près du village de Poullaouen et notamment les Frères Morvan, qui perpétuent leur langue bretonne à travers les chants qu’ils tiennent de leur mère…
Dans les légendes de Bretagne, les Morgans ou Marie Morgan sont de petits hommes (morganed )et de petites femmes (morganezed) qui vivraient sous les flots,. En breton, Mor signifie « mer » et ganet signifie « né ». Les Marie-Morgane sont donc littéralement les êtres saints (aimés, pour l’araméen de Marie) nés de la mer.
En 2009, lors d’une exposition consacrée au château de Tours à l’artiste russe Alexandra_Exter (1882-1949), j’avais eu l’occasion de voir Aelita, un film de 1924 dont elle avait réalisé les costumes :
Ceux qui se gaussent aujourd’hui de les accents du Midi sont les lointains héritiers de l’antiméridionalisme qui fleurissait sous la Troisième République dans les milieux nationalistes et catholiques réactionnaires. Ce dénigrement des Méridionaux pouvait aller jusqu’à un racisme virulent opposant nettement une France du Nord entreprenante et valeureuse à un Midi peuplé de lâches et de paresseux. Une haine qui s’est atténué et mué en simple condescendance qui n’en n’est pas moins exaspérante…
Voici quelques articles sur cette haine franco-française très en vogue du milieu du XIXe siècle à la Seconde Guerre mondiale :
Hébergée sur Bérose, le portail des histoires de l’anthropologie, L’Ethnologie en héritage est une collection patrimoniale d’entretiens filmés avec des grandes figures de l’ethnologie française qui racontent comment ils sont devenus ethnologues.
Introduction à l’ethnologie française : l’attachement
Jorge Luis Borges fait partie de mes auteurs fétiches. Est-ce parce qu’il était bibliothécaire comme moi et que sa nouvelle la plus célèbre est La Bibliothèque de Babel, sous le patronage de laquelle j’ai placé ce carnet ? En partie sans doute, mais ce qui me plaît surtout, c’est cet art inimitable de la nouvelle, ou pour mieux dire du conte, puisque c’est du mot cuentos qu’il désigne ses perles littéraires.
Comme par ailleurs je m’intéresse à la traduction et aux traducteurs, je me devais de lire le long article de Federico Calle Jorda, Il faut retraduire Borges, paru dans le n° 92 d’En attendant Nadeau en décembre 2019. Si personnellement, je suis bien incapable de juger de la valeur des traductions de Roger Caillois ou de Françoise Rosset, mes connaissances en espagnol étant nulles, même si je peux comprendre qu’elles ne sont pas sans défaut, cela ne change rien au fait très simple que tout lecteur non-hispanisant restera toujours tributaire des traducteurs et que ceux-ci étant faillibles comme tout être humain, une nouvelle traduction ne saurait non plus être sans défauts. Mais il me semble que j’énonce là un truisme.
J’ai visionné dernièrement un DVD d’un film réalisé par Régis Roinsard sorti en 1919, Les_Traducteurs. Je ne peux vous dévoiler entièrement le synopsis. Ce serait divulgâcher !
Sachez simplement que Lambert Wilson y incarne un éditeur quelque peu psychopathe, Éric Angstrom, qui parque dans un bunker souterrain les neuf traducteurs sélectionnés pour travailler sur la traduction dans leurs langues respectives (anglais, allemand, russe, portugais, danois, mandarin, espagnol, grec et italien) du texte français du troisième tome de Dedalus du mystérieux auteur Oscar Brach. Tout doit se dérouler dans le plus grand secret, sans le moindre contact avec l’extérieur. Lorsque un mystérieux hacker commence à diffuser les pages du livre sur internet en réclamant une énorme rançon, cela tourne au huis-clos sanglant. Mais l’intrigue est loin d’être linéaire et ses nombreux allez-retours entre présen
t et passé, éclaire les secrets de plusieurs protagonistes, jusqu’au dénouement final qui révèle les véritables intentions du hacker, et l’identité d’Oscar Brach. Suspens haletant ! Aussi surprenant que celui d’Usual Suspectsde Bryan Singer en 1997.
S’intéresser à la langue bretonne, ce n’est pas seulement s’intéresser à sa grammaire, son vocabulaire, ses variantes dialectales,mais aussi à ceux qui la parlent, ceux qui la défendent et ceux qui la dénigrent. Parmi les vidéos ci-dessous certaines insistent plus sur les aspects strictement linguistiques (cf Erwan Vallerie, Francis Favereau), d’autres plutôt sur les aspects sociaux avec la tension entre le breton et le français et la politique anti-breton de la République française (cf Pierrick Guinard), d’autres enfin mêlent les deux aspects (cf Jean-Claude Ruyet).