Archives par mot-clé : Histoire

L’histoire de la Bretagne selon Joël Cornette : références bibliographiques et ressources en ligne

Du temps où j’essayais péniblement de décrocher l’agrégation d’histoire en fréquentant les amphis boisés de la Sorbonne, j’avais suivi les cours si vivants, riches, pleins de digressions humoristiques ou surprenantes de Joël Cornette qui débroussaillait pour nous la question d’histoire moderne.

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Zurbaràn. Nature morte avec citrons, oranges (1633). Norton Simon Museum of Art, Pasadena.

Je me souviens notamment de tout un développement sur la Nature morte avec citrons, oranges et rose  de Francisco de Zurbaràn, à propos du symbolisme moral et religieux des bodegónes, ces  natures mortes espagnoles. J’avoue qu’à l’époque ce rapprochement avec les vanités m’était passé un peu au-dessus de la tête, c’est sans doute de cette petite graine qua germé mon intérêt ultérieur pour les natures mortes. Mais je digresse…

Si j’ai entrepris la présente biblio-webographie c’est que j’ai retrouvé dernièrement Joël Cornette, cette fois comme spécialiste de l’histoire de la Bretagne. En effet, si l’historien a beaucoup travaillé sur le royaume de France pendant l’Ancien Régime, il s’est aussi intéressé à sa région d’origine, ce qui a donné lieu à la publication de plusieurs ouvrages et à des conférences et entretiens que je vous invite à découvrir ci-dessous.

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Marc Bloch, un historien résistant au Panthéon

Une présentation rapide sur France 24

L’historien résistant Marc Bloch entre au Panthéon.

Je souviens quand, jeune étudiant, sur les conseils de mon père, j’avais lu son Apologie pour l’histoire ou métier d’historien et l’effet que cet ouvrage avait fait sur moi.

A écouter également Apologie pour l’Histoire dans la série Avoir raison avec… Marc Bloch,
France Culture, 4 août 2017.

Voici quelques resssources en ligne ou pas sur ce grand monsieur de l’histoire et de la résistance.

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Pierre Nora (1931-2025), un historien-éditeur

L’historien Pierre Nora est mort ce lundi 2 mai 2025. Créateur chez Julliard de l’épatante collection Archives (1963), puis, chez Gallimard, des collections Bibliothèque des sciences humaines (1966) Témoins (1967) et la Bibliothèque des histoires (1970), il a aussi été le directeur des Lieux de Mémoire (1984-1992). Un historien qui a marqué les sciences humaines et sociale en créant la revue Le Débat (1980) et permis l’approfondissement de la réflexion sur sa propre discipline avec Faire de l’histoire (1974) et des Essais d’ego-histoire (1987).

Il s’est fait en outre le défenseur de indépendance de l’histoire face aux lois mémorielles, étant un des artisans de l’Appel de Blois « Liberté pour l’Histoire » (2008).

Pour ne pas sombrer dans l’hagiographie, rappelons quand même son refus de publier L’Âge des extrêmes ou, plus grave, ses prises de positions polémiques sur le génocide arménien, à mettre cependant en relation avec son combat contre une loi mémorielle qu’il estime liberticide.

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Kupka illustrateur de Reclus

Il y a dix ans, dans les jours qui ont suivis l’attentat conte Charlie hebdo, j’avais consacré un court billet aux caricatures antireligieuses de Kupka parues dans L’Assiette au beurre du 7 mai 1904. Or voici que, pour la préparation d’une exposition (voir ci-dessus l’affiche réalisée par mon collègue Didier Simler) sur L’Homme et la Terre d’Élisée Reclus, je retrouve avec plaisir cet illustrateur anarchiste et futur maître de l’abstraction, que je vous présenterai brièvement avant de m’intéresser à son travail pour cette encyclopédie géo-historique en 6 volumes.

La vie et l’œuvre de Kupka en un paragraphe et une liste de lecture

Né à Opočno en Bohême, en 1871, František Kupka a d’abord appris la peinture en autodidacte, avant de suivre un enseignement à l’école de métiers de Jaroměř et de réussir en 1889 le concours d’entrée à l’Académie des beaux-arts de Prague. En 1892, il va étudier à l’Académie de Vienne, capitale de l’empire austro-hongrois. Quatre ans plus tard, il s’installe à Paris. Collaborateur L’Assiette au beurre, un journal satirique d’inspiration anarchisante, il réalise notamment trois numéros spéciaux – L’Argent (11 janvier 1902), Religions (7 mai 1904) et La Paix (20 août 1904) – au ton très offensif contre toutes formes d’oppressions. En 1905, cet ancien théosophe devenu athée illustre une adaptation à la scène du Cantique des cantiques dans un style marqué par la Sécession viennoise que nous pouvons retrouver dans sa collaboration à L’Homme et la Terre. A partir de 1908, il évolue vers le non-figuratif – Les Touches de piano (1909) – et sera le premier à exposer une toile entièrement abstraite, Amorpha (1912). Il persistera toujours plus loin dans cette voie – Peinture abstraite(1930-1933) – devenant dans les années 1930 un des fondateurs du mouvement Abstraction-Création. Il décède à Puteaux en 1957.

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Histoire de France par les chansons par France Vernillat et Pierre Barbier

Entre 1956 et 1961, France Vernillat, musicologue et harpiste réputée, et Pierre Barbier, auteur et réalisateur d’émissions littéraires à la R.T.F., ont publié chez Gallimard une anthologie de la chanson populaire politique comportant huit volumes accompagnés de vingt disques qui couvrent plus de sept-cents ans d’histoire, des Croisades à 1918.

L’ouvrage a fait l’objet d’un abrégé publié en un volume chez Max Fourmy en 1982 : Histoire de France par les chansons : s’ensuyvent 306 belles chansons satiriques et historiques.

Présentation sur le site de l’éditeur.

Compte-rendu par Albert Mandrou, Annales, vol. 17 n° 4, 1962, p. 809-811.

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L’uchronie est un genre résolument politique qui pose la question du sens de l’histoire

Les meilleures uchronies racontent les choix politiques et se déroulent pendant de grands conflits. C’est un genre qui regarde l’Histoire avec beaucoup de hauteur et qui renvoie aussi à une question résolument philosophique : est-ce que l’Histoire n’est que la somme de décisions hasardeuses ou est-ce qu’elle a un sens ?

Fou(s) d’histoire

Voici une dizaine d’années, j’avais consacré à mon domaine de prédilection une chronique intitulée Pourquoi (faire de) l’histoire ? Parce que…

Il y était beaucoup question d’historiens. Pourtant l’histoire est ouverte à tous et il n’est pas besoin de l’avoir étudiée ou enseignée pour être fou d’histoire. Voyez à ce propos le podcast en 65 épisodes proposé par Xavier Mauduit dans le cadre du Cours de l’histoire.

L’abbaye de Beaumont de Tours

Profil de l’Abbaye de Nostre Dame de Beaumont, de religieuse de l’ordre de St Benoist, lez Tours, dessiné du costé de l’Entrée // 1699 / [Louis Boudan?]
NB : le cours d’eau au premier plan ne peut pas être le Cher comme il est indiqué, ce dernier coulant deux kilomètres plus au sud, mais sans doute le ruisseau de l’archevêque qui traversait d’est en ouest la zone humide au nord de l’abbaye. Zoomer dans Gallica.

A l’occasion des Journées européennes de l’archéologie, l’Inrap et du Service archéologique départemental d’Indre-et-Loire (Sadil) organisaient les 17 et 18 juin des visites du chantier de mise au jour des restes de l’abbaye de Beaumont-lès-Tours fondée au début du XIe siècle et détruite entre 1796 et 1810, suite à la vente des biens nationaux. En 1866 le terrain fut acquis par l’hôpital Bretonneau qui y établi un potager cultivé par les aliénés pour nourrir les malades, ainsi qu’un cimetière pour les cadavres disséqués. En 1913 l’État l’achète poury construire une caserne aujourd’hui désaffectée. Les lieux faisant l’objet projet d’aménagement, l’Inrap a été appelé à réaliser à partir de 2019 un chantier de fouille préventive.

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A propos d’une lecture de Sherlock Holmes

Hier soir dans Le Signe des Quatre, je notais ce conseil de lecture donné par Sherlock Holmes au Docteur Watson :

Laissez moi vous recommander ce livre, l’un des plus remarquable jamais écrit. C’est Le Martyre de l’homme de Winwood Reade.

Quand la nouvelle de Conan Doyle est publié en 1890, cela fait dix-huit ans qu’a paru la première édition The Martydom of Man et quinze ans que son auteur est décédé. L’explorateur et historien William Winwood Reade (1838–1875) souhaitait promouvoir dans cet ouvrage la philosophie du libéralisme politique et du darwinisme social. Considéré comme une “bible de substitution pour les laïques”, son ouvrage avait été violemment condamné comme irréligieux par le premier ministre lui-même, William Gladstone. C’est qu’il osait s’en prendre au dogme chrétien.

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Une histoire des incendies de forêts en Méditerranée (XIXe-XXe siècles) par Martine Chalvet

Chaque été en Espagne, au Portugal, en Grèce, en Algérie et en France, les feux ravagent des hectares de bois et les médias diffusent l’idée d’une fragilité naturelle des espaces méditerranéens aux feux de forêts. Certes, les pins, le sous-bois sec, les étés chauds et le vent sont propices au développement des sinistres. Néanmoins, une analyse historique sur la longue durée met en lumière des vulnérabilités plus complexes des écosystèmes au feu.

L’article cité ci-dessus a été rédigé par Martine Chalvet, spécialiste d’histoire de l’environnement, et plus précisément de l’histoire des forêts. Elle est notamment l’auteure (ou autrice, comme vous préférez) d’une thèse en 2000 sur L’invention de la forêt méditerranéenne de la fin du XVIIIe siècle aux années 1960 et d’Une histoire de la forêt rééditée en 2022 au Seuil (Point Histoire). Elle a aussi participé à la réalisation de la carte interactive Métropole-Nature d’Aix-Marseille (voir la vidéo sur la forêt de la Sainte-Baume).

L’article est paru dans EHNE – Encyclopédie d’histoire numérique de l’Europe, projet numérique porté par Sorbonne Université afin de diffuser de la recherche en histoire pour un large public et de constituer une histoire européenne au prisme d’objets historiographiques renouvelés. Allez-y voir…